Les normes ISO 56000 offrent un cadre pour structurer le management de l’innovation. Découvrez leurs principes, les différences entre ISO 56000, 56001 et 56002, ainsi que les bonnes pratiques pour construire un SMInnov performant, durable et aligné avec la stratégie d’entreprise.
La rencontre du club innovation Curiosity du 21 avril 2026 était dédiée à la série de normes ISO 56000.
Derrière ce nom, qui peut sembler effrayant, se cache un travail international visant à formaliser et professionnaliser l’innovation en entreprise. Poser un référentiel commun, aligner son innovation et sa stratégie, ou encore certifier ses processus innovation, elles forment toutes ensemble un socle solide pour mettre en place une innovation qui fonctionne.
Pour l’occasion, le club Curiosity s’est invité au Créalab de Groupama. Ce lieu, ouvert et lumineux, permet aux collaborateurs de sortir de leur quotidien pour réfléchir à leurs projets en faisant un pas de côté.
Après une présentation de cette structure, nous avons eu la chance de recevoir 3 témoignages de professionnels qui travaillent l’innovation frugale dans leurs métiers :
1 minute devant vous ?
Cet article en 5 points-clé :
Chez Spark Lab, nous aidons nos clients à prendre en main ces sujet et à progresser sur la structuration de leur innovation, du diagnostic à la mise en place.
« Pâtes au saumon, Coquillettes thon, Spaghettis anguille, Tagliatelles espadon »
Ce que vous voyez là n’est pas la divagation excentrique d’un poète fatigué, c’est ce qu’on appelle un Chicago. Un Chicago est une énigme. Un poème en 4 vers dont la suite logique forme le nom d’une ville. Dans ce cas-là : Nouille Orcque (New York).
Vous en voulez un autre ?
Réponse à la fin de l’article…
Ces poèmes sont l’œuvre de Paul Fournel, poète et auteur dramatique. Mais, au-delà de son œuvre, ce qui nous intéresse ici est son appartenance à l’Oulipo (https://oulipo.net/contraintes/chicago).
L’Oulipo est un groupe de recherche littéraire fondé en 1960. Leur singularité est de procéder à de l’écriture sur base de contraintes fortes, comme par exemple celle de former un Chicago ou un Antérime (un poème dont la rime est au début des vers). L’un des membres fondateurs les définira comme des « rats qui construisent eux-mêmes le labyrinthe dont ils se proposent de sortir ».
Mais ici on parle d’innovation, et pas de littérature. Alors quel est le lien ?
Le lien est double. Créativité et contraintes. Car de la contrainte naît la créativité. L’Oulipo nait de cette simple analyse. Il est beaucoup plus simple de créer quand on connaît les règles du jeu, quand on sait où on veut aller.
Et pour l’innovateur, la chose est identique. Pour être pertinent il lui faut connaître ses objectifs, les ressources à sa disposition, son périmètre autorisé. C’est exactement ce que suggère de lui fournir les normes ISO 56000.
Vous retrouverez dans cet article l’essentiel pour comprendre comment structurer l’innovation en entreprise, les normes associées, les défis et les bonnes pratiques pour y arriver.
Bonne lecture !
Les normes ISO 56 000, de quoi parle-t-on ?
Autour de 2015, le monde de l’innovation fait face à deux constats. Premièrement, malgré les investissements, les organisations ont du mal à faire de l'innovation une composante durable et pérenne de leur activité. Ensuite, les entreprises peinent à travailler ensemble sur les projets innovants, par manque d’un référentiel commun.
Un groupe de travail international est alors mis en place pour répondre à ces deux problématiques. Leur réponse : la série de norme ISO 56000.
Cet ensemble de 11 textes (numérotés de 0 à 10) s’intéresse au management de l’innovation, c’est-à-dire à la manière dont les entreprises font l’innovation. Publiées entre 2019 et 2024, elles ont été écrites par un consensus de professionnels de l’innovation, et ont pour but de qualifier un référentiel commun et efficace pour innover en entreprise.
Bien qu’elles soient toutes passionnantes, chacune de ces normes représentent plusieurs dizaines de pages, et vous n’avez peut-être pas le temps de les lire en intégralité. Pas de panique, nous vous proposons ici un résumé en quelques phrases.
La 56 000 : Quelques définitions pour bien commencer
La norme 56 000 pose les définitions, explicite les concepts et définit le vocabulaire. En bref, la 56 000 sert de dictionnaire pour toutes les notions utilisées par la suite.
La 56 001 : une petite sœur à l’ISO 9001
Connaissez-vous la norme ISO 9001 ? Celle-ci permet, à la suite d’un audit, de certifier son management de la qualité. Elle permet donc de garantir que l’entreprise utilise des processus adéquats pour vérifier la conformité de ses produits ou services. La norme 56 001 fait la même chose, mais pour l’innovation. Elle permet de se faire certifier pour démontrer à ses clients la qualité de sa démarche innovation.
La 56 002 : le guide pratique pour se lancer
La 56 002 est une norme de mise en œuvre. Elle détaille comment mettre en place en pratique son Système de Management de l’Innovation (SMInnov). En d’autres termes, la 56 002 explique point par point comment structurer son innovation depuis l’étude de son écosystème, jusqu’à l’amélioration continue, en passant par le choix des méthodes ou les compétences à développer. Chez Spark Lab, c’est sur elle que nous nous basons pour accompagner nos clients à structurer leur système d’innovation.
Les 56 003-10 : préciser un sujet
Les autres normes de la série ISO 56 000 se concentrent sur des aspects plus précis du système de l’innovation(outils, méthodes, exemples d’application, compétences …). Nous ne rentrerons pas dans les détails de celles-ci pour se concentrer sur la manière d’utiliser ces normes.
Pourquoi mettre en place un SMInnov ?
Les normes s’intéressent à la mise en place d’un Système de Management de l’Innovation. Pourtant, innovation et structuration peuvent sembler antinomiques. Alors, qu’apporte la mise en place d’un SMInnov ?
1.
Donner toutes les chances à son innovation d’aboutir
Innover est, par essence, un processus incertain. Mais s’il est impossible de savoir à l’avance si un projet va fonctionner, on peut lui en donner toutes les chances. Mettre en place un SMInnov c’est à la fois doter son entreprise d’une démarche factuelle pour innover, et des compétences qui l’accompagnent.
Par exemple, le CEA, un établissement public de recherche, a adopté une stratégie basée sur l’entrepreneuriat technologique. Ainsi, son programme MAGELLAN fonctionne par un processus de stage-and-gate. Les entrepreneurs doivent valider régulièrement la pertinence de leur projet en passant devant un jury. Des formations permettent entre chaque étape de donner aux entrepreneurs sur les différents savoir-faire dont ils auront besoin (exploration terrain, prototypage, étude de marché, …). Dans le secteur privé, Michelin avec son MIL (Michelin Innovation Lab) a adopté une structure similaire.
2.
Délivrer une véritable valeur
En entreprise, il est courant que des projets d’innovation se retrouvent stoppés dans leur développement car il est difficile de valider leur valeur concrète pour l’entreprise. Cette valeur peut être protéiforme (rentabilité économique, image de marque, attractivité employeur, meilleure sécurité, diminution de l’impact environnemental …). Mais elle doit donc être clairement formuler et partager afin de ne pas se perdre. Lancer une démarche prospective est un bon moyen de se questionner et de s’aligner sur cette création de valeur.
Pendant le Curiosity, Groupama Rhône-Alpes-Auvergne partageait le constat que, pendant des années, leur innovation s’est focalisée sur la dynamisation du territoire, plutôt que sur les besoins internes. Cela a fini par entraîner une incompréhension de la part des collaborateurs qui avaient besoin de solutions qui répondent à leurs difficultés quotidiennes. Ce constat a abouti en de nouveaux programmes centrés sur les problématiques collaborateurs.
3.
Capitaliser sur ses capacités distinctives
Enfin, structurer son SMInnov c’est questionner sa place dans son écosystème. En comprenant mieux ses capacités distinctives, on peut orienter sa stratégie, accentuer ses forces ou combler ses faiblesses.
Par exemple, Sandrine CASTAN notre Directrice Prospective, Stratégie et Management de l'Innovation, a mené un diagnostic innovation pour GEG. L’étude a mis en valeur le fait que, contrairement aux énergéticiens traditionnels, la structure est présente sur l’entièreté de la chaîne de valeur énergétique (production, transport, …). Ils ont donc décidé de prioriser une innovation aux interfaces des métiers, là où les autres acteurs du secteur rencontreraient des difficultés à se positionner.
En bref, mettre en place un SMInnov, c’est comprendre son environnement pour savoir où on souhaite aller,choisir comment l’atteindre, et s’équiper pour ce voyage. Directrice Pole Prospective, Stratégie et Management de l'Innovation»
Comment se servir des normes ?
Maintenant, que vous savez à quoi servent les normes ISO 56 000, voici quelques cas d’usage qui nous ont été partagés par nos intervenants.
1. Asseoir une légitimité
Les normes ISO 56 000 sont un référentiel international. Dans ce cadre, elles sont difficilement contestables. Ainsi, de nombreux directeurs innovation les utilisent pour légitimer une démarche de structuration de l’innovation. Le référentiel permet alors à la fois de rassurer les organes dirigeants, et de se confronter à l’historique d’entreprise qui peut s’opposer au changement.
2. Développer un langage commun
Innovation, R&D, transformation, stratégie … Tous ces termes peuvent être assez flous. Les normes ISO 56 000 proposent des définitions et des périmètres précis qui permettent de mieux se comprendre et donc de mieux collaborer, en interne comme en externe.
3. Mettre en place son SMInnov : du diagnostic à l’itération
Comme nous l’avons dit, la norme 56 002 s’intéresse à la mise en place concrète d’un SMInnov.
En 5 étapes
Suivre ces 5 étapes, c’est s’assurer de mettre en place un SMInnov robuste, efficace, et cohérent avec sa culture et son écosystème.
Nos bonnes pratiques pour commencer
1. Réussir son diagnostic : Le burger de Spark Lab
Le diagnostic innovation d’une entreprise se base sur un nombre considérable de données d’entrée : interviews internes, stratégie d’entreprise, image de marque, historique des missions, …
Pour simplifier la lecture de ces nombreuses données, nous avons développé un outil : le burger Spark Lab. Ce burger permet de séparer les observations en 4 catégories :
Cette séparation en 4 catégories permet de mieux cerner la cause des difficultés, et de plus facilement trouver des solutions adéquates.
2. Vers un SMInnov soutenable
Spark Lab ne serait pas vraiment Spark Lab si nous n’avions pas au moins un paragraphe dédié à l’impact. Quand on parle de SMInnov soutenable, on parle d’un ensemble très vaste de méthodes, outils, gouvernances, indicateurs, et tant d’autre. Mais plutôt que de rentrer dans ces détails nous préférons vous donner une astuce simple : intégrer la RSE dans vos réflexions dès le départ.
Les entreprises qui réussissent le mieux leur transition sont celles qui arrivent à faire avancer main dans la main innovation et RSE. Le diagnostic innovation est donc le parfait moment pour lancer une étroite, et cohérente, collaboration.
3. Une petite page de pub
Envie d’approfondir ? Ou d’engager vos équipes sur ces sujets ? Chez Spark Lab nous proposons un serious game pour comprendre ce qu’est un SMInnov et comment se mettre en marche. En bonus, le jeu dure moins longtemps que de lire les normes ! Alors n’hésitez pas à contacter Hélène pour en savoir plus helene@sparklab.fr.
PS : La réponse était Dame As (DAMAS)
Toute l’équipe Spark Lab vous remercie pour votre lecture : Nous sommes passionné.e.s par l’effectuation, le design thinking, l’innovation et les liens qui sont tissés par cet environnement !